Comprendre la santé mentale

 

Suicide

 

Prévention du suicide chez les jeunes

Le suicide est la deuxième cause de mortalité chez les jeunes de 10 à 24 ans (Association canadienne de santé mentale, 2012). Une réaction courante lorsqu’on apprend le suicide ou la tentative de suicide d’un élève est de trouver une explication simple : « sa blonde l’a lâché » ou « ses parents étaient en instance de divorce ». Bien que cela puisse être des facteurs contributifs, le suicide est un phénomène complexe impliquant une variété de vulnérabilités personnelles, familiales et psychosociales. Les pensées et les comportements suicidaires représentent l’aboutissement d’une série de stress émotionnels et de pertes qui conduisent à devenir plus fragiles, vulnérables et dépassés par les défis de la vie. Ces vulnérabilités et ces stress émotionnels procurent de la douleur et une souffrance intenses chez les élèves conduisant à des pensées et à des comportements irrationnels. Ces pensées irrationnelles mènent à la conclusion erronée que la seule façon de faire cesser cette douleur et cette souffrance est le suicide. L’élève est incapable de trouver des solutions appropriées à ses problèmes ou de reconnaître que le suicide n’est pas un choix raisonnable. Ce qui complique la situation des jeunes, contrairement à l’adulte, est qu’ils n’ont pas une histoire d’expériences de vie dans lesquelles ils sont parvenus à surmonter des situations ou des évènements difficiles. De plus, d’autres perspectives et peurs répandues sont que le problème va durer pour toujours, que la douleur et la tristesse ne s’en iront jamais et que personne ne peut les comprendre. Tragiquement, ils peuvent opter pour une solution permanente à ce qui pourrait s’avérer être un problème temporaire.

Les écoles sont appelées quotidiennement à traiter une variété de défis et de crises vécues par les membres du milieu scolaire. La probabilité que le milieu scolaire, les enseignants, les parents et les gestionnaires auront à s’occuper de crises suicidaires chez les élèves est très réelle. Le suicide peut être prévenu car les jeunes qui pensent au suicide donnent fréquemment (plus de 80%) des signaux d’alarme et de détresse. Les enseignants, les parents et les amis ont une position clé pour détecter ces signes et chercher de l’aide. Il est crucial que tout le personnel des écoles soit familier et aux aguets de ces signaux et de créer un environnement dans lequel le jeune en détresse se sentira sécure pour partager son état et aussi dans lequel les pairs sont encouragés à partager leurs inquiétudes face à un ami en difficulté. La prévention efficace du suicide doit susciter l’adhésion de tout le milieu scolaire et être intégrée à un climat scolaire positif prônant la relation de confiance élève-adulte.

 

Signes avant-coureurs du suicide :

  • Menaces de se blesser ou de se tuer. Les menaces peuvent être directes (« Je veux mourir. » « Je vais en finir. ») ou indirectes (« Personne ne va me manquer. » « Tout le monde sera mieux sans moi. »

  • Thèmes de mort et de suicide. Ils peuvent être présents dans les dessins, les travaux, le journal personnel, les devoirs.

  • Préoccupation sur les moyens. Intérêt accru dans les armes à feu, les couteaux, les pilules ou d’autres moyens pour se tuer.

  • Dépression (impuissance, désespoir). Les commentaires et les comportements indiquent que les élèves se sentent submergés par la tristesse et ils ont une vision pessimiste de leur avenir. Ils ne voient pas de raison de vivre, de sens et n’ont pas de but dans la vie. Ils ont le sentiment d’être coincé, sans solution pour s’en sortir

  • Comportement dangereux. S’engager dans des activités risquées sans se soucier de leur propre sécurité. Augmentation de l’abus d’alcool ou de substances.

  • Faire des arrangements finaux. Mettre de l’ordre dans ses affaires ou donner des biens précieux comme des planches à roulettes, I-Pods, bijoux.

  • Changements soudains et radicaux dans l’humeur et la personnalité. Les changements peuvent inclure un repli sur soi, un retrait dans les contacts avec la famille et les amis, des changements dans les activités, des absences à des classes ou une perte d’implication dans des activités préalablement importantes et plaisantes. Les changements peuvent aussi se manifester sous forme d’humeurs inhabituelles de colère, de rage ou de recherche de vengeance.

  • Changements dans l’apparence et les habitudes physiques. Les changements incluent des difficultés dans le sommeil, un gain ou une perte de poids soudains, un désintérêt dans l’apparence et l’hygiène, de l’anxiété et de l’agitation.

  • Incapacité à se concentrer ou à penser clairement. Ces problèmes peuvent être visibles dans le travail scolaire, dans les tâches domestiques et même dans les conversations

 

Facteurs de risques

  • Difficultés de santé mentale incluant la dépression, l’anxiété et les traumatismes

  • Stresseurs et dysfonctionnement familiaux

  • Expérience d’une perte majeure, telle la mort d’un être cher, divorce et chômage

  • Situations de crises ou changements majeurs dans la vie

  • Abus de substances

  • Exposition au suicide ou tentatives antérieures

 

Facteurs de protection

  • Support familial et cohésion, incluant une bonne communication

  • Support des pairs et réseau social proche

  • Croyances religieuses ou culturelles qui ne supportent pas le suicide et qui privilégient la vie saine

  • Habiletés d’adaptation et de résolution de problèmes

  • Satisfaction générale de la vie, bonne estime de soi, motivation

  • Accès à des services de santé physique et de santé mentale efficaces

 

Pour plus d’information sur la prévention du suicide chez les jeunes, référer à :

 

Protocole de prévention du suicide au sein des écoles

De façon à répondre efficacement à des élèves perturbés qui menacent ou tentent de se suicider, le développement d’un protocole de prévention du suicide au sein des écoles est nécessaire. Les protocoles devraient clairement indiquer qui devrait être contacté si un élève démontre des comportements suicidaires et spécifier les étapes à suivre. Les protocoles délimitent clairement les rôles spécifiques des enseignants et des professionnels en santé mentale dans les écoles lors d’une intervention de crise. 

Le suicide est l’un des évènements les plus douloureux et les plus troublants pour le milieu scolaire. L’élaboration de protocoles pour guider les interventions dans les écoles à la suite d’une mort par suicide décrit comment procurer efficacement une stabilité et un support émotionnel à ceux qui sont affectés par cet événement tragique. Les protocoles détaillent comment agir avec les mauvaises informations et les rumeurs qui peuvent accroître la détresse et mettre d’autres élèves à risque et augmenter le risque de contagion du suicide. Chaque école peut développer ses procédures d’intervention de crise et de suivi et des protocoles compatibles avec la culture et le climat de l’école avec le support des ressources disponibles dans leur commission scolaire et dans leur communauté.

 

Lignes directrices pour les enseignants

Si un jeune qui pense au suicide vient vers vous ou si vous l’apprenez par un pair ou un autre membre du personnel, il faut réagir immédiatement pour assurer la sécurité de l’élève. En aucune circonstance il ne faut laisser l’élève seul (même dans la salle de toilette).

Savoir qui peut aider. Les écoles devraient identifier les personnes qui peuvent répondre aux signalements provenant d’enseignants, de membres du personnel ou d’élèves et qui sont formées pour agir auprès d’un élève suicidaire. Ces personnes sont généralement le psychologue, le conseiller en orientation, l’infirmière ou le travailleur social.

Collaborer avec les collègues. Avoir du support et consulter un autre professionnel ou un gestionnaire est à la fois rassurant et prudent. Les mesures prises pour aider le plus efficacement un élève, (Qui doit être informé? Quels sont les meilleurs services disponibles? Comment assurer la sécurité de l’élève?...) s’étendent dans certains cas à l’implication de la famille et de la communauté.

Mobiliser un système de support. Il est important pour l’élève de ressentir un certain contrôle sur son destin. Lors de l’évaluation du système de support de l’élève il est judicieux de demander « qui veux-tu ou qui penses-tu pourrait être là pour toi? ». Il importe de solliciter l’assistance de l’élève quand c’est approprié et de l’informer de ce qui sera fait pour lui procurer de l’aide à chaque étape du processus.

 

Pour avoir des lignes directrices pour développer des procédures et des protocoles, s’il vous plait vous référer à la liste ci-dessous :

 

Le CESM a rassemblé un ensemble d’informations pertinentes servant à guider les milieux scolaires à composer de la meilleure façon possible avec cette problématique. Cette information a été produite en collaboration avec Suicide Action Montréal et nous leur sommes reconnaissants d’avoir partagé leurs ressources.

   

Information and Resources for School Boards concerning the 13 Reasons Why Netflix Series (CEMH)

Considerations for Educators (NASP)

Pourquoi la série nous inquiète (AQPS)

Films ou séries télévisées destinés aux jeunes d’âge scolaire comprenant des scènes de suicide explicites (CSSS)

 

 

 

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