Comprendre la santé mentale

 

Troubles anxieux

Qu’est-ce que l’anxiété normale?

L’anxiété est un sentiment normal que tous les enfants et adolescents vont expérimenter à un moment donné. Elle peut se vivre sous forme d’inquiétude, de peur, d’appréhension ou de détresse. L’anxiété est une réponse naturelle qui nous aide à éviter les dangers et qui nous motive à résoudre les problèmes de la vie quotidienne. Ce processus adaptatif nous aide à survivre! Une nervosité occasionnelle ou une anxiété passagère apparaît quand un enfant doit faire face pour une première fois à une situation nouvelle ou particulièrement stressante. Cette réaction peut, dans certaines situations, servir de protection ou de signal d’appel à la prudence. Pour faire face aux défis de la vie, il peut parfois y avoir un retrait temporaire d’une situation, un plus grand besoin de réassurance de la part des parents, une réticence à prendre des chances et une confiance vacillante. Les enfants ou les jeunes peuvent aussi expérimenter des symptômes physiques, mais les sensations d’anxiété seront appropriées à la situation et limitées dans le temps. Ces inquiétudes vont se résoudre quand l’enfant apprend à maîtriser la situation et les changements. Ces peurs vont alors se dissiper et n’auront pas d’effets à long terme. L’anxiété va se manifester différemment selon le stade de développement :

 

Petite enfance :

L’anxiété normale à ce stade de développement peut se manifester ainsi :

  • Anxiété de séparation (pleurs, tristesse, peur d’abandon) émerge autour d’un an et se dissipe au cours des 3 années subséquentes pour se résoudre à la fin de la garderie chez la plupart des enfants

  • Peur des situations nouvelles et non-familières, dangers réels ou imaginaires allant du gros chien, aux araignées, aux monstres

  • Appréhensions face aux personnages costumés, aux fantômes, aux êtres supranaturels

  • Craintes possibles de la noirceur, des sous-sols, garde-robes et des espaces sous le lit

 

Âge scolaire et adolescence :

L’anxiété normale à ce stade de développement peut se manifester ainsi :

  • Commencent à craindre les dangers réels de la vie: exercice de feu, voleurs, tempêtes, maladies ou drogues. Avec l’expérience, ils apprennent que ces dangers sont possibles sans être imminents.

  • Comparaisons sociales et inquiétudes face à l’acceptation sociale

  • Inquiétudes face à la performance académique et athlétique

  • Les adolescents continuent de mettre l’emphase sur l’acceptation sociale, mais avec un plus grand souci de trouver un groupe conforme à leur identité

  • Préoccupations face au monde, le questionnement moral et leurs succès futurs sont communs vers la fin de l’adolescence

 

Quand devrions-nous s’inquiéter?

Un trouble d’anxiété diffère d’une anxiété normale des façons suivantes :

  • Plus sévère, intense, dure plus longtemps, avec une détresse significative

  • Interfère négativement sur la capacité de l’enfant ou du jeune à fonctionner et participer à ses activités quotidiennes courantes ou à ce qu’il voudrait faire (ex. école, relations interpersonnelles, état émotif)

  • Apparaît en l’absence de menace ou de danger ou les réactions sont hors proportions

  • Associé avec des préoccupations passées ou futures

  • Évitement et fuite deviennent les réponses automatiques de coping des enfants ou des jeunes

  • Souvent accompagné de plaintes physiques (maux de ventre, mal de tête, nausée)

  • Peut être mal adapté ou non-nécessaire

 

Les troubles anxieux sont les maladies mentales les plus communes chez les enfants et les adolescents. Cependant, considérant le stigma relié à la santé mentale, la majorité d’entre eux ne cherchera pas une aide professionnelle. Les jeunes femmes âgées de 15 à 24 ans sont deux fois plus susceptibles d’avoir un trouble anxieux que les jeunes hommes (respectivement 8.9% et 4.3%).Ce trouble affecte les émotions, les pensées, le comportement et s’il n’est pas traité il peut conduire à la dépression, à l’abus de substance, au suicide ou à d’autres problèmes de santé mentale.

 

Signaux d’alarme des troubles anxieux :

  • Inquiétude excessive et anticipation inappropriée

  • Plaintes physiques (i.e. maux de tête, maux de ventre, nausée, vomissement, palpitations cardiaques, essoufflement)

  • Démonstration de détresse excessive, hors proportion ou en absence de situation de stress

  • Attention portée à la menace, hyper-vigilance

  • Excitation psychologique soudaine et soutenue

  • Diminution de l’attention et de la concentration, difficulté à se détendre et à dormir

  • Aisément distrait, irritable, pensées rapides ou ralenties

  • Réticence à aller à l’école ou autres endroits, s’accroche aux autres

  • Pensée catastrophique, pessimiste, prise de décision troublée

  • Perfectionnisme, critique, très hauts standards qui rendent tout pas assez bon

  • Évitement excessif, refus de participer à des activités requises, refus de se rendre à l'école

  • Recherche d’une réassurance excessive (ex. plusieurs questions « et si »)

 

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Qu’est-ce qui cause les troubles anxieux?

Il n’y a pas qu’une seule cause à un trouble anxieux. La génétique joue un rôle critique, tout comme l’exposition à un environnement stressant. Il est préférable de comprendre les causes de l’anxiété comme le résultat d’une combinaison de vulnérabilité accrue d’anxiété, causée par une génétique ou des caractéristiques physiologiques et une exposition à un trauma spécifique ou à un stresseur aigu ou continu. De plus le modeling et des renforcements faits par inadvertance par les adultes (i.e. parents, enseignants) peuvent aussi augmenter une vulnérabilité à développer un trouble anxieux. La recherche a démontré que certains parents d’enfants anxieux, spécialement s’ils sont eux-mêmes anxieux, ont une interprétation anxieuse du monde ou le voit comment menaçant. Quand les parents ont cette vision du monde, ils vont souvent suggérer à leurs enfants d’éviter des situations plutôt que d’y faire face. Plusieurs adultes veulent d’abord protéger leurs enfants face à une situation anxiogène mais les enfants n’ont alors pas l’opportunité de développer de nouvelles habiletés et de les pratiquer.

 

Types de troubles anxieux :

  • Anxiété de séparation

  • Anxiété généralisée

  • Phobies spécifiques

  • Anxiété sociale

  • Trouble obsessif compulsif

  • Trouble panique

  • Trouble de stress post-traumatique

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Qu’est-ce qui alimente l’anxiété?

L’anxiété est avivée par l’interconnexion de trois sphères mieux compris comme étant une triade :

  1. Pensées

  2. Excitation physique

  3. Comportements

La compréhension de la triade de l’anxiété est extrêmement importante dans le traitement et dans les adaptations à apporter dans la classe et à l’école. Il est important de se rappeler que l’anxiété est traitable! Le principal type de traitement psychologique utilisé pour traiter les troubles anxieux chez les enfants et les jeunes se nomme le traitement cognitivo-comportemental (TCC). Ce traitement basé sur des données probantes a été validé en recherche comme offrant des résultats positifs auprès des enfants et des jeunes. Cette forme de traitement devrait toujours être performée par des professionnels de santé mentale formés.

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Refus de se présenter à l’école :

 

Thérapie cognitivo-comportementale (TCC) :

La TCC enseigne à l’enfant ou au jeune à générer des versions plus réalistes des situations et de leur capacité d’y faire face, plutôt que d’accepter que leurs pensées empreintes d’anxiété soient la vérité. L’enfant ou le jeune fait graduellement face à des situations qui l’effraient en réduisant les défis en petits pas gérables. Ils deviennent alors capables plus rapidement d’interpréter les situations de façon non-anxiogène et comprendre que l’évitement des situations générant de la crainte ne les rend que plus difficiles. Ils apprennent plutôt que la seule façon de dépasser l’anxiété est d’y faire face et d’aborder les situations jusqu’à ce qu’ils s’y habituent.

 

La TCC comporte quatre sphères principales d’intervention pour la plupart des troubles anxieux :

  1. Psychoéducation

     

    Met l’emphase sur les explications du comment l’anxiété est suscitée et maintenue

     

    L’anxiété résulte d’une mauvaise perception du cerveau et d’une exagération du risque dans une situation amenant la personne à sentir qu’elle doit éviter la situation si elle veut survivre

  1. Restructuration cognitive :

     

    Processus guidé pour générer et évaluer l’exactitude de leur discours; leur dialogue intérieur ou leur estimation de la situation et les pensées erronées

     

    Enseigner à «y penser à deux fois » et à identifier ce qui serait le plus susceptible de se produire dans la situation, ou sur le « quoi d’autre », les pensées alternatives

  1. Techniques de respiration et de détente :

     

    Visent à diminuer l’éveil de sensations physiques souvent ressenties par les enfants ou les jeunes

  1. Exposition :

     

    Amener les enfants ou les jeunes à faire face aux situations, aux sensations, aux pensées qu’ils sont venus à éviter de crainte de se sentir anxieux

     

    Exposition réalisée en petites pas gérables

     

    A travers ces expositions dans des petits pas, ils apprennent qu’ils peuvent se sentir anxieux dans certaines situations et quand même être bien

Dans la classe :

Quoique la majorité des enfants ou des jeunes aux prises avec un trouble anxieux bénéficie de traitements spécialisés, il y a une variété d’adaptations à faire dans la classe et à l’école qui sont utiles :

  1. Aider les élèves à identifier les pensées inquiétantes :
    Quand nous sommes anxieux nos pensées tendent à focuser sur toutes les mauvaises choses qui pourraient arriver. Nous imaginons alors le pire et nous sommes inquiets. Souvent ces pensées sont paralysantes et nous portent à vouloir fuir ou se cacher. Pour aider les élèves à identifier leurs inquiétudes, leur suggérer de se demander :

    À quoi est-ce que je pense maintenant?

    Qu’est-ce que je crains qu’il arrive?

    Quelles sont les mauvaises choses que je crains qu’il arrive?

  1. Encourager les élèves à porter attention aux pensées automatiques :
    Les pensées automatiques sont très courtes, des pensées ou des images rapides qui nous viennent en tête presqu’automatiquement. Elles font partie de notre discours interne et nous n’en sommes souvent pas conscients. Elles réveillent notre anxiété.  Exercice de la boite ou du journal de l’inquiétude : Pendant deux semaines, demander aux élèves d’écrire leurs inquiétudes à mesure qu’elles surgissent. En les écrivant, ils n’ont plus à «garder» leurs inquiétudes en tête. L’élève peut réaliser que plusieurs inquiétudes ne semblent plus si puissantes quelques heures plus tard, spécialement après une bonne nuit de sommeil.

  2. Apporter des alternatives à un discours négatif ou à des mécanismes d’adaptation
    Encourager les élèves à remplacer leurs pensées négatives par certaines de ces alternatives ou mécanismes d’adaptation :

    Je suis en charge, non mes pensées négatives

    Le monde est un endroit plutôt sûr

    Je peux composer avec la plupart des situations

    Je peux me sentir anxieux mais quand même le faire

    Ce sont seulement mes pensées anxiogènes. Je n’ai pas à y croire, je peux juste les laisser aller

  3. Réduire les situations en petits pas gérables :
    Par exemple un élève est anxieux de faire une présentation devant la classe. Cela peut être réduit en plusieurs étapes

    Faire une courte présentation devant un ami
    Faire une courte présentation devant un enseignant
    Faire une courte présentation devant un enseignant et quelques amis
  4. Être confortable avec l’incertitude :
    Aider les élèves à devenir confortable avec l’incertitude. Cela aide à bâtir une tolérance face à l’incertitude et aide à faire face à la peur de ne pas savoir. Des exemples de cette stratégie pourraient être :

    Commander quelque chose de totalement nouveau à un restaurant

    Déléguer une partie importante d’un projet de groupe à quelqu’un d’autre

    Ne pas demander à un ami s’il ou elle aime quelque chose de nouveau que vous avez acheté

    Se dire à soi-même qu’on va juste voir ce qui va se passer à ce party, plutôt que de pratiquer mentalement toutes ses actions ou ses conversations d’avance

  5. Aider les élèves à réduire l’intensité :

    Activités de relaxation

    Exercices de respiration calmante

    Relaxation musculaire : tension et relâchement

    Respiration pleine conscience : 4-7-8
    Un exemple ici.

    Visualisations et imagerie mentale

  6. Développer des habitudes saines :

    Augmentation du sommeil

    Augmentation de l’exercice

    Alimentation saine

    Diminution de l’usage d’alcool ou de drogues


Pour plus d’information sur des adaptations utiles à faire dans la classe et à l’école, cliquer sur les liens suivants:

Pour plus d’information sur l’anxiété :

 

 

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