Comprendre la santé mentale

 

Comportements à hauts risques

 

Développement du cerveau de l’adolescent et l’abus de substances

L’adolescence se caractérise par une croissance et un développement significatif dans un bon nombre de sphères. Certains comportements tels que ceux reliés à plus d’indépendance et d’autonomie sont caractéristiques de cette période. En effet, plusieurs comportements associés à l’adolescence sont reliés à une maturation cognitive et peuvent s’expliquer par le fait que le cerveau de l’adolescent n’est pas totalement développé. Les recherches utilisant l’imagerie mentale ont aidé à comprendre que les sphères du cerveau responsables de la motivation et des émotions se développent plus tôt et conséquemment elles sont plus actives à cette période que celles responsables de la pensée complexe (ex. jugement, planification, prévoyance) (Society for Neuroscience, 2007). Les manifestations comportementales qui en découlent incluent des difficultés avec les délais de gratification et le contrôle des impulsions et les comportements à hauts risques si notoires des adolescents (Steinberg, 2007). Le cerveau des adolescents est aussi vulnérable à cause de la façon dont il répond aux diverses substances. Spécifiquement, les adolescents sont moins sensibles aux effets de l’alcool, se remettent plus rapidement de ses effets (gueule de bois) et sont plus sensibles aux effets de la désinhibition sociale que les adultes, ce qui renforce l’utilisation de substances dans des situations sociales (Spear, 2002). Mais en plus, le cerveau des adolescents est plus sensible aux dommages potentiels occasionnés par l’usage de substances (Brown et al. 2000).Pour ces raisons ainsi que celles détaillées plus haut, l’expérimentation avec les substances est souvent présente à cette période. Les adolescents sont donc plus à risque de développer une dépendance résultant simplement de la période à laquelle ils débutent leur consommation.

 

Caractéristiques de l’abus de substance chez l’adolescent

L’abus de substance chez l’adolescent est unique en termes de risques incluant une progression rapide d’un premier usage vers l’abus et la dépendance (Winters, 1999), la courte période entre le premier et le deuxième diagnostic de dépendance envers une substance (Spear, 2002) et la fréquence des troubles concomitants (Kandel et al. 1997, in Muck et al. 2001). Fondamentalement différents des adultes, les adolescents ont un plus haut taux de dipsomanie (excès d’alcool), moins de reconnaissance des problèmes associés à leur consommation (Battesjes et al. 2003) et une plus grande susceptibilité à l’influence des pairs (Steinber, 2004). Un autre élément pertinent est la corrélation entre l’âge du premier usage et le taux de dépendance : les adolescents qui ont débuté leur consommation à un plus jeune âge sont plus à risque d’escalade vers une consommation plus importante et problématique (Grant & Dawson, 1997). Du fait que les problèmes reliés aux abus de substances soient plus facilement identifiables chez les adolescents (ex. assiduité ou comportement à l’école, relations avec les parents) et parce que la plupart des adolescents ne consomment pas depuis longtemps et n’ont pas expérimenté les effets psychologiques occasionnés par l’usage, ils seront plus souvent diagnostiqué avec un abus de substances plutôt qu’une dépendance (Winters et al, 2001). En dépit des nombreux risques reliés à l’utilisation de substances dans ce groupe d’âge, la plupart des adolescents qui vont l’expérimenter peuvent le faire sans jamais progresser vers un abus de substances ou sans avoir un impact négatif sur leur vie. De surcroît, plusieurs adolescents à risque ne consommeront jamais de substances ou ne développeront pas d’usage problématique (Winters et al, 2001; NIDA, 2003). Ces jeunes personnes ont développé des mécanismes d’adaptation sains qui leur permettent de composer avec les fortes émotions qu’ils ont à affronter.

 

Risques et facteurs de protection

Pour d’autres, il peut être difficile de réduire ou d’arrêter la consommation de drogues ou d’alcool, indépendamment de la sévérité de leurs problèmes. Il peut être incroyablement difficile pour des adolescents de changer des comportements qu’ils ont utilisés pour s’autoréguler sans avoir encore la capacité de composer avec les émotions intenses qu’ils expérimentent. Il est spécialement important d’examiner les caractéristiques de la consommation et des influences (famille, pairs) en relation avec les facteurs de risques et de protection qui peuvent agir seules ou combinées pour modeler le comportement. Les facteurs de risques sont des éléments qui augmentent le risque de développer une dépendance (consommation des parents, stress élevé, comportement agressif, pauvre contrôle des impulsions) alors que les facteurs de protection réduisent la probabilité d’apparition d’une dépendance (ex. environnement de vie stable, support et implication des parents, réussite académique, influence de la communauté). Les facteurs de risques et de protection peuvent varier et ne sont pas les mêmes d’une personne à l’autre. Plus qu’une simple réaction physiologique à une substance provoquant une dépendance, la consommation de drogue est souvent le résultat de multiples déterminants de la vie des adolescents (Swadi, 1999). Une façon de prévenir l’abus de substances est d’augmenter la résilience des adolescents en renforçant les facteurs de protection et en diminuant les facteurs de risques. Considérant l’impact potentiel à long terme chez les adolescents, intervenir tôt sur les facteurs de risque est très important non seulement en les réduisant mais aussi en favorisant des comportements positifs (Lalongo et al, 2001).

Quelques facteurs de protection reliés à la famille incluent :

  • un lien fort entre les enfants et leurs familles

  • l’implication parentale dans la vie de l’enfant

  • un parentage aidant qui répond aux besoins financiers, émotionnels, cognitifs, et sociaux et

  • des limites claires  et une mise en vigueur de discipline consistante

(National Institute on Drug Abuse (NIDA) (2003). Preventing Drug Abuse Among Children and Adolescents: A Research-Based Guide for Parents, educators, and Community Leaders, Second Edition.)

 

Autres facteurs reliés à l’école incluent :

  • succès au niveau académique et implication dans des activités parascolaires

  • liens importants avec des ressources sociales, telles des écoles ou institutions religieuses

(National Institute on Drug Abuse (NIDA) (2003). Preventing Drug Abuse Among Children and Adolescents: A Research-Based Guide for Parents, educators, and Community Leaders, Second Edition.)

 

Pour plus d’information sur l’abus de substances:

Pour des avis et des informations pratiques sur la prévention et l’intervention précoce, cliquer sur la carte postale du Centre d’Excellence en santé mentale dédié à ce sujet :

 

 

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